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Après quelques mois d'existence, Hitmusicstation réalise déjà des scores d'audiences importants. Geoffrey Baldet, le président de l'association, répond aux questions de WebradioActu.
Webradioactu : Pouvez-vous nous retracer l'histoire de Hit Music Station ?
Geoffrey Baldet : HitMusicStation.net, c'est avant tout une autre radio nommé GameArena. L'histoire commence il y'a bientôt deux ans. Avec des copains, on avait envie de faire une radio pour les joueurs. On a donc monté GameArena. L'aventure a duré un an et demi. On a ensuite essayer de reconvertir tout cela sous une nouvelle forme... HitMusicStation.net
Webradioactu : Pourquoi avoir changer le nom de votre webradio ?
Geoffrey Baldet : Tout simplement car nous avions fait fausse route. Lorsque j'ai crée GameArena, je sortais d'une longue épopée jeux vidéos. En ligne ou pas d'ailleurs. Je me suis dis qu'il serait donc bien de pouvoir faire une webradio sur les jeux vidéos, surtout que le créneau n'était pas occupé. Mais nous nous sommes très vite rendu compte que le travail était titanesque, qu'il allait falloir beaucoup de temps, et surtout beaucoup d'argent. On a donc fais du "sous GameArena", en essayant de nous concentré sur les compétitions de sport électronique. Malheureusement, nous avons eu beaucoup de mal à se faire accepter. C'est un petit milieu, et les nouveaux ne sont pas la bienvenus. C'est dommage, il y avait beaucoup à faire. Et tout reste à faire d'ailleurs quand je vois l'offre actuelle sur ce segment. A contrecoeur, on a un jour décidé de tout changer, de faire quelque qui pourrait au final, mieux nous épanouir. Très vite on est tombé d'accord pour un format CHR/pop américain, qui demande beaucoup de travail, mais qui peut rapporter bien plus gros. HitMusicStation.net s'imposa.
Webradioactu : Pouvez-vous nous présenter Hitmusicstation ?
Geoffrey Baldet : Sur un plan purement technique, HitMusicStation.net tourne avec pratiquement rien. Un serveur puissant, un logiciel de diffusion (Raduga), une ligne ADSL avec 1024kb/s en upload et un traitement de son bien sûr. Mais ni Micro, ni table de mixage, ni quoi que ce soit que l'on peut trouver dans un studio de radio. Ca ne coûte pas cher et tant mieux, puisque on met énormément d'argent dans l'habillage. 60 % du budget de fonctionnement de la radio y passe, et on essaye régulièrement de rafraîchir l'habillage. En effet, une majorité de nos auditeurs nous écoutent entre 90min et 150min par jour, bien plus que la moyenne globale de l'écoute FM en France qui est de 100 mins en gros. Cependant, notre DEA diminue ces dernières semaines, ce qui ne nous inquiète pas plus que ca pour l'instant puisque beaucoup d'auditeurs fidèles potentiels nous rejoignent tous les jours. Sur le plan financier, on tourne avec un budget de 4000 euros annuel sur les douze derniers mois, tout en sachant que nos besoins augmentent à mesure du succès de la radio et de la nécessaire évolution que doit suivre celle ci. Enfin, pour ce qui est de l'équipe, nous sommes réellement quatre à travailler dessus : Ludovic, le webmaster, qui fait un travail vraiment exceptionnel puisque nous sommes fiers d'avoir un très bon site, qui tranche avec la majorité des sites actuels de webradio. Lucien, le graphiste. Enfin, pour ce qui est de l'antenne elle même, il y'a Loic, le programmateur musical. C'est sur ces frêles que repose l'audience. Il a un travail vraiment compliqué, et nous passons deux heures par jour à travailler la programmation musicale. La concurrence est vraiment très importante sur le nouveau segment que nous avons choisis, et il est très difficile de faire venir des auditeurs, et encore plus de les faire rester. C'est pourquoi depuis quelques semaines, nous pratiquons le "music survey" sur un panel d'auditeurs internationaux. Ca nous a apporté beaucoup, et on voit mal comment s'en passé aujourd'hui, puisque nous essayons de jouer les starter, et de ne pas attendre les "consignes" des maisons de disque.
Webradioactu : Comment financez-vous Hitmusicstation ?
Geoffrey Baldet : En attendant de gagner à l'Euromillions, comme on peut. Je finance 85% de la radio, le reste, c'est la cotisations des membres de la radio. C'est vrai que je me ruine pour elle, mais c'est un tel plaisir de faire ça. De dire: "Voila, on a réussir à construire ça. Seul. Sans rien devoir à personne". Je pense que ceux qui nous lisent maintenant et qui ont une webradio doivent me comprendre. Et puis quand ça commence à décoller et que ce n'est plus uniquement les copains qui écoutent, ça devient caviar!
Webradioactu : Comment se compose la grille de Hitmusicstation ?
Geoffrey Baldet : Depuis le lancement en octobre dernier, nous n'avions que de la musique. Certes ce n'étais pas une vulgaire playlist, mais ça restait quand même très light. Aujourd'hui, nous avons toujours de la musique, mais la situation est réellement en train d'évoluer. Nous avons désormais mis en place des émissions le samedi soir, avec une ambiance "club": 2h de Disco suivi de 3h de mix House. Nous travaillons sur un classement quotidien des titres préférés des auditeurs. On a le nom, il nous reste à savoir dans quelle langue nous allons le faire: Anglais ou Français. C'est très important, cela va conditionné la suite de HitMusicStation.net. On a aussi rajouté des lives dans la programmation. Suivront beaucoup d'autres choses, qui sont déjà prêtes. On étale juste tout ça, pour pouvoir proposer chaque semaine quelque chose de nouveaux à nos auditeurs. Ce n'est pas une révolution que nous essayons de faire, mais une réelle évolution de ce qui se fait actuellement. On espère que cela va continuer à fonctionner... il est souvent nécessaire d'entreprendre pour espérer et de persévérer pour réussir. On s'en tient à ça, et on s'en remet à la nature pour le reste.
Webradioactu : Envisagez-vous d'accueillir d'autres animateurs sur votre antenne ?
Geoffrey Baldet : Oui. Même si nous n'avons pas pris de décision définitive sur la langue employée, nous sommes intéressés par les gens qui ont du talent. Un certains nombre d'entre nous travaillent dans le média radio dans la vie de tous les jours, et je pense qu'on a des choses à transmettre, en animation ou pas, à notre modeste échelle. A bon entendeur...
Webradioactu : L'aspect internationale de votre webradio semble important ?
Geoffrey Baldet : Avec la FM, on peut toucher un nombre infini de personne sur une distance donnée. C'est exactement le contraire avec une webradio. Un nombre limité de personne, mais aucune limite de distance. Il serait réellement stupide de ne pas en profiter, surtout que cela ne coûte pas plus cher. On a donc fait un site en plusieurs langues, anglais et français, en attendant les versions espagnoles et allemande qui sont sur les rangs. On a commencé d'autres versions, en suédois, estonien et portugais, mais il reste pas mal de travail. Certaines webradios francophones montre aujourd'hui leur limite en terme d'audience, notamment dû au fait de la barrière de la langue. C'est marrant d'écouter une langue qu'on ne connaît pas, mais on tourne très vite en rond sans comprendre. C'est pourquoi même si nous hésitons encore entre le Français et l'Anglais, ce dernier est pour l'instant privilégié pour l'animation.
Webradioactu : Quel bilan tirez-vous après 4 mois de diffusion pour Hitmusicstation ?
Geoffrey Baldet : Un bilan qu'on osait à peine espérer. On a pris des risques, et ils se sont avérés payants au final. Nous avons passé la barre des 840 auditeurs simultanés ces derniers jours, notre moyenne d'auditeur sur 24h est de 520 auditeurs. 75% d'entre eux sont étrangers: Pérou, Suède, Finlande, Grèce, Tunisie, Australie, Etats-Unis d'Amérique, etc. Pour ce qui est du site, nous avons une vingtaine de nouveaux membres tous les jours, dont la plupart sont étrangers. Nous espérons passer le cap symbolique des 1000 auditeurs dans les prochaines semaines.
Webradioactu : Quels sont les objectifs de Hitmusicstation ? Quels sont vos projets ?
Geoffrey Baldet : Trois objectifs: s'amuser, apprendre, et gagner des auditeurs, jours après jours. Nos projets ? On aimerait bien titiller le média radio traditionnel là ou on le peut, comme sur la Freebox et le câble par exemple. L'arrivée et surtout l'adhésion en masse à la technologie 3G est aussi une porte qu'on aimerait pousser. On y travaille actuellement. Bien évidemment, si un jour on a la chance de pouvoir en vivre, on ne se gênera pas. Mais je doute que cela puisse être le cas dans l'état actuel des choses. Peut être dans quelques années, si des business plans viables sont possibles. Ce n'est pas le plus important pour nous.
Webradioactu : A titre plus personnel, quel est votre parcours en radio ?
Geoffrey Baldet : J'ai commencé par les webradios, et c'est vraiment là que j'ai appris les bases. Ce n'était pas glorieux, je n'étais absolument pas drivé, mais cela m'a permis de me calmer seul derrière un micro, sans stress. J'ai ensuite rencontré quelqu'un à qui je dois tout ou presque, Lionel Forey. Sans lui, je ne serai pas là aujourd'hui. Après un passage au STUDEC, j'ai pu entrer de plein pieds dans ce métier, non plus en tant que "remplacement de" mais en tant qu'animateur à part entière, et aujourd'hui je suis animateur au Mouv', la station rock jeune de RadioFrance, de 16h à 20h la semaine. Je pense que je dois être l'un des premiers à pouvoir exercer ce métier en ayant commencer sur des webradios. C'est donc possible, il suffit d'y croire. Plus fort que les autres.
Webradioactu : Que pensez-vous du déclin d'audience des radios musicales, et de façon plus général du média radio traditionnel ?
Geoffrey Baldet : C'est le début. On n'a pas entamé la grande descente. Il y'a tellement de raisons à tout cela, qu'il faudrait un véritable colloque pour pouvoir tout évoquer. Mais c'est une certitude, les jeunes et le lecteur mp3, ça fait un désormais. Le podcast fait partir de l'avenir de notre média, et le nombre de téléchargement, comme sous iTunes, le démontre. Après, il y'a des raisons plus conjoncturelles sur certaines radios, Skyrock en premier lieu avec la crise des banlieues (chute qui est pour moi dû au désintéressement de cette radio à la crise profonde vécue). Mais de manière générales, on peut dire que d'ici a 2011, énormément de choses vont changer. Et que la radio de ces vingt, trente, quarante dernières années est en train de disparaître. Ce n'est pas le plan FM 2006 tant attendu qui y changera grand chose, puisque en réalité, les appels à candidature seront étalés sur plusieurs années. De mémoire, seulement 15% du parc des fréquences sera renouvelé en 2006 - 2007. Pas de quoi bouleverser un ordre bien établi. L'arrivée du numérique est d'autant plus intéressant. Cependant nous, acteurs du web, ne devons pas nous leurrer. Tout est cadenasser par les grands groupes. Il va falloir se battre si nous voulons réellement nous démocratiser.
Webradioactu : Un dernier mot à rajouter ?
Geoffrey Baldet : Oui, je milite grandement pour une meilleure lisibilité de la part de la SACEM concernant les contrats d'exploitations de webradios, puisque nous sommes dans un flou complet depuis plusieurs mois déjà. Merci aussi à tout ceux qui parlent de nous, en bien et en mal, et qui nous font avancer. Enfin, nous recherchons activement de la bande passante, donc si ton papa s'appelle Didier Lombard, sache qu'on t'aime. Enjoy the best & fuck the rest!
Le site de HitMusicStation
Alexis Thiebaut (alexis.thiebaut_at_radioactu.com) pour RadioActu
© RadioActu SAS · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation
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Alexis Thiebaut pour RadioActu
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