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L'association Nationale des Webradios (France Webradios) a réalisé une enquête, et dresse aujourd'hui le portrait des webradios françaises indépendantes.
L'Association Nationale des Webradios (France Webradios) publie le résultat d'une enquête réalisée auprès des ses membres en octobre 2006. Cette étude a pour but de fournir un référentiel et donner une vision de la réalité économique des webradios françaises indépendantes. Sur les 15 webradios membres, 14 sont des associations loi 1901 a but non lucratif ayant de 2 à 42 membres actifs et jusqu'à 140 membres adhérents mais aucun salarié. Seule l'une d'entre-elle, La Radio de la Mer, est structurée en Société Anonyme. Cette étude dresse un état des lieux de l'audience réalisée par les sites de ces webradios avant de fournir des caractéristiques liées à la diffusion en streaming de leurs programmes. Elle donne ensuite un aperçu de la façon dont est constitué le fond musical de ces webradios avant de clôturer par une synthèse budgétaire des structures éditrices.
Concernant l'audience des sites des webradios, il est d'abord intéressant de noter que 73% des webradios interrogées disposent d'un outil de mesure statistique et utilisent l'un des outils suivants : Google Analytics (38%), Xiti (25%), eStats (13%), AWStats (13%), Autres (13%). 64% des interrogés réalisent une audience inférieure à 25.000 visites mensuelles. Les 36% restants réalisent quant à elles une audience de plus de 50.000 visites mensuelles qui résultent des très bonnes audiences de Fréquence 3 et Bide & Musique, respectivement la plus grosse et la plus ancienne webradio française. Le nombre de pages vues respecte cette proportion puisque 64% totalisent un nombre de pages vues mensuel inférieur à 100.000. Ainsi, en moyenne, un visiteur consultera 4 pages du site de la webradio.
Concernant la diffusion en streaming des programmes, il est important de savoir qu'il n'existe pas à ce jour de système de mesure d'audience homogène accessible financièrement aux webradios indépendantes. Chaque webradio dispose de son propre outil de mesure, développé le plus souvent en interne et cumulant les audiences des différents serveurs et relais de diffusion. Ainsi, ce ne sont pas les indicateurs officiels édictés par Médiamétrie qui sont mesurés (lecture du flux, durée de lecture et nombre de lecture) mais la moyenne d'auditeurs simultanés sur 24h. Ainsi, 80% des webradios indépendantes ont une moyenne d'auditeurs simultanés sur 24h inférieure à 100. Sur les 6 derniers mois, 45% on battu un record d'audience inférieur à 100, 36% entre 100 et 250, 18% supérieur 6.000. La médiane du nombre moyen d'auditeurs simultanés sur 24h est de 70, celle du records est de 160. A titre indicatif, Fréquence 3, la plus grosse webradio du panel, réalise une moyenne d'audience de 2.500 auditeurs simultanés sur 24h. Concernant les données techniques, c'est sans surprise que le format de diffusion privilégié est le MP3 (40%) puis viennent ensuite les formats Windows Media (16%), Real (12%), iTune (8%),
Ogg Vorbis (8%), Flash (8%) et AAC+ (8%). Concernant les débits proposés, c'est le 128k (30%) qui reste le meilleur compromis entre la qualité de diffusion et la capacité de réception en bande passante des internautes. Viennent ensuite les 192K (17%) ,56K (13%) et 24k (17%). Du côté des serveurs de diffusion, arrive en première place le serveur Shoutcast (59%), suivi par IceCast (29), Windows Media (6%) et Darwin (6%).
En ce qui concerne la constitution du fond musical, les webradios indépendantes représentent une véritable alternative aux canaux de diffusion "traditionnels" (chaînes de radio et de télévision hertziennes et satellites). En moyenne une webradio diffuse 300 titres différents par jour. Ceci implique une rotation moins importante et donc une programmation plus variée. Les labels et maisons de disques semblent bien l'avoir compris puisqu'ils fournissent gracieusement 8 webradios sur 10 en support promo physiques ou non : envoi de fichiers mp3 par mail, MSN, liens de téléchargements sur serveurs dédiés et/ou accès à la plate-forme MediaMusicCenter du SNEP. C'est donc tout naturellement que la plupart des webradios indépendantes batissent leur fond musical sur ces envois, l'une des principales caractéristiques de ce média étant de proposer une programmation différente, avant-gardiste et plus pointue.
Concernant le budget des webradios indépendantes, celles-ci ont besoin de ressources pour assurer le financement des charges de leur activité : bande passante (39%) - qui augmente avec le nombre d'auditeurs -, hébergement des serveurs (30%), règlement des droits d'auteurs (21%) - et bientôt des droits voisins - , constitution du fond musical (10%), etc... Dans 75% des cas, le budget de dépenses réelles d'une webradio est inférieur à 5.000€. Le budget moyen se situant autour de 3.860€ par an. Les recettes perçues permettent tout juste d'équilibrer les dépenses. La première des sources de financement - pour les webradios associatives - est bien évidemment constituée des cotisations des adhérents. Viennent ensuite les plus courantes : le mécénat et/ou le parrainage. Dans ce cas il s'agit généralement de la fourniture gracieuse et plus ou moins formalisée d'hébergement ou de bande passante... Les plus grosses webradios peuvent également commercialiser les espaces publicitaires de leur site web, celles-ci ne proposant pas pour l'instant de publicité à l'antenne. Excepté ces 3 principales sources de revenus il ne reste plus que l'investissement financier personnel, souvent des dons que font les dirigeants à leur
propre association. Il est important de noter qu'il n'existe à ce jour aucune aide de l'Etat à destination des webradios. En effet, même s'il paraîtrait logique d'en bénéficier, les aides du FSER (Fond de Soutien à l'Expression Radiophonique) ne peuvent êtres versées aux webradios, car elles sont réservées aux radios hertziennes associatives. ...
Créée en Février 2006, L'Association Nationale des Webradios (France Webardios) a pour objet de "mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires au développement et à la promotion, tant au niveau national qu'international, des programmes radio empruntant le réseau Internet. Les Webradios étant au coeur d'une révolution culturelle. Il était donc urgent qu'elles puissent se regrouper afin d'y participer pour ne pas la subir. Aujourd'hui elles sont 15 mais il est certain que ce nombre augmentera de façon exponentielle dans les mois à venir. L'Association ayant pour objectif de fédérer et représenter l'ensemble des opérateurs radio sur le web. Les différentes institutions ont enfin l'interlocuteur unique qu'elles réclamaient pour négocier avec elles. Et c'est avec convictions que les Webradios comptent faire entendre leurs voix !" On retrouve au sein de cette association 4U Radios, Bide & Musique, Click'n Rock, Crock FM, Fréquence 3, La Grosse Radio, La Radio De La Mer, La Radio De Sebb, Paris One, Radio ABF, Radio Blagon, Radio DLV, RMX Radio, Rock One, Xstream80.
Le site de France Webradios
Alexis Thiebaut (alexis.thiebaut_at_webradioactu.com) pour RadioActu
© MédiasActu · 2006 · Reproduction interdite sans autorisation
http://www.webradioactu.com/actualites-webradio/65247/france-webradios-realite-economique-des-webradios-francaises/
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